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La Productique et sa Culture : PostScript et Bézier






BirdFont, développé par Johan Mattsson, est un éditeur de police gratuit qui vous permet de créer des graphiques vectoriels et l'exportation des polices aux formats TTF, EOT et SVG. Disponible pour Windows, Mac, Linux, OpenBSD.
http://birdfont.org
En décembre 1982, John Warnock et Charles (« Chuck ») Geschke, mathématiciens et informaticiens, quittent le PARC, centre de recherches de Xerox à Palo Alto (là où de nombreux éléments de ce qui allait devenir la micro-informatique ont été créés, notamment l'interface graphique des ordinateurs), pour fonder Adobe Systems (du nom de la petite rivière qui passe près de la maison de Warnock). Leur but: participer à l'émergence de la PAO en créant le lien entre les micro-ordinateurs et les imprimantes à travers un langage de description de pages, indépendant des matériels et des logiciels, apte à décrire le texte comme les images. Résultat, en mars 1983 : le langage PostScript, fondé sur une description vectorielle des courbes, c'est la gestion vectorielle des caractères qui a été la clé de voûte du succès du PostScript. Depuis le début, il s'agissait de convertir des documents existants, créés dans tous les logiciels du marché, pour pouvoir les imprimer (PostScript) et les lire (PDF) indépendamment des logiciels et plates-formes.

Le PostScript au départ
Pour décrire des éléments sur des pages, par exemple du texte composé de caractères, on peut décrire point par point la courbe de la lettre, mais on obtient une description très lourde, composée de milliers de données. De plus, la quantité de données devra être d'autant plus importante que l'on souhaite une précision plus grande du dessin (résolution). Le PostScript, quant à lui, utilise une description vectorielle des courbes - une droite n'étant qu'une courbe qui a mal tourné. C'est notamment à partir des travaux de Pierre Bézier (d'où les « courbes de Bézier »), qui a été chez Renault l'un des pères de la robotique dans l'automobile et dans l'industrie en général, que s'est développée cette idée: toute forme complexe peut être décomposée en courbes « simples » et chacune de ces formes peut être décrite par un petit nombre de données, à travers des vecteurs. Ces descriptions vectorielles n'ont pas de résolution en elles-mêmes, pour l'impression, elles sont ensuite rastérisées dans un RIP (Raster Image Procœessor), qui « rend » physiquement en points sur du papier la description vectorielle des éléments, en PostScript grâce à un logiciel nommé CPSI (Configurable PostScript Interpreter) et depuis quelques années directement en PDF grâce à APPE (Adobe PDF Print Engine). Le PostScript est un langage de description indépendant des matériels, des résolutions, des systèmes d'exploitation, des logiciels, etc. Un fichier .ps n'a besoin que d'un RIP pour être imprimé. Le PostScript est donc déjà portable, mais ne peut être qu'imprimé, il n'est pas lisible sur un écran.

Un format de document portable
Au printemps 1991, John Warnock écrivit un petit mémo de quelques pages pour décrire un projet qu'il nomma Camelot du nom du château du roi Arthur. Dans ce texte, Wamock anticipe l'évolution des besoins créés par les réseaux numériques et lance l'idée de l'évolution du PostScript vers un PostScript pour l'écran, accompagnant l'émergence, à l'époque, du concept du «zéro papier». Il explique comment le PostScript est la base idéale de ce qu'il décrit comme un format et non plus un langage, descriptif et non interprétatif, visualisable sur tous les écrans. Deux ans plus tard, après s'être nommé un temps Carousel, c'est finalement Acrobat qui est lancé officiellement le 15 juin 1993 à New York, ville des agences de publicité, de l'édition et de la presse. Un fichier PDF contient tous les éléments nécessaires à sa lecture : polices, images, etc. Il n'a besoin d'aucun élément extérieur pour être vu, lu et imprimé sans besoin de logiciel natif autre qu'un lecteur, gratuit depuis 1994. Le PDF est ainsi visualisable sur tout écran de micro-ordinateur, et aujourd'hui de smartphone ou de tablette électronique. Ce sont les grandes entreprises qui vont faire le succès du PDF en bureautique, pour assurer la diffusion de documents portables à travers les réseaux, entre des postes aux systèmes, logiciels, versions de logiciels, langues et/ou polices différents.

D'après : Tout sur Acrobat Reader et Acrobat X Pro par Thierry Buanic, Eyrolles

Annexe :
Une fonte est une famille de polices de caractères représentant les différentes déclinaisons d’un même caractère. La fonte Times New Roman regroupe -notamment- les polices Times New Roman normal, italique,  gras et gras italique. Elles coexistent sous plusieurs formats, issues d’entreprises ayant à l’origine développé séparément des standards.
PostScript : Cest avant tout un langage de programmation permettant de décrire une page à l’aide de formulations vectorielles. Développé depuis 1982 par l’entreprise Adobe, il s’est imposé comme l’une des normes majeures de l’impression. Il existe deux types de polices PostScript : celles de Type 1 et celles de Type 3. La première, qui est seule utilisée professionnellement, utilise des vecteurs décrivant des courbes de Bézier.
TrueType : Ce format a été développé par Apple à la fin des années 1980, concurrençant directement le PostScript. À l’instar du format d’Adobe, les polices de type TrueType emploient des courbes de Bézier mais n’ont pas recours aux mêmes algorithmes de calcul.
OpenType : Apparu à la fin des années 1990. Développé conjointement par Adobe et Microsoft, il est censé succéder à TrueType et PostScript. Il permet de coder jusqu’à 65536 glyphes dans une même fonte ; le codage des polices est celui de la norme Unicode.






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