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   Les robots et le revenu universel







Mady Delvaux, députée démocrate socialiste luxembourgeoise en charge du rapport.
« Un cadre légal en matière de robotique est nécessaire » Les robots pourraient créer des emplois dans certains domaines et en détruire dans d’autres. Comment résoudre ce problème ? « Je pense qu’il s’agit là du plus grand défi pour notre société et nos systèmes éducatifs. Nous ne savons pas à l’heure actuelle comment la situation va évoluer. Nous demandons à la Commission européenne de suivre cette évolution et d’analyser dans quels secteurs l'utilisation des robots détruit des emplois, pour que nous soyons préparés à tous les types de scénarios. Ce rapport contient également un point controversé au sujet de l’instauration d’un revenu universel et du changement des systèmes de sécurité sociale. Si de nombreuses personnes perdent leur emploi à cause des robots, il faudra leur assurer une vie décente. Nous invitons les États membres à y réfléchir ».

Benoît Hamon, candidat du Parti socialiste à l'élection présidentielle de 2017.
Il propose un « revenu universel d’existence ». Des voix s’élèvent pour expérimenter un tel dispositif, à l’image de ce qui est fait à l’étranger, comme en Finlande.

Elon Musk (SpaceX, Tesla).
Il réaffirme son intérêt pour le revenu de base (ou revenu universel), jugeant un tel dispositif « nécessaire » face aux avancées régulières enregistrées dans la robotique et l’IA. La montée en puissance de l’automatisation dans des secteurs économiques toujours plus nombreux fait « qu’ il y aura de moins en moins d’emplois qu’un robot n’arrivera pas à mieux maîtriser ». Un constat qu’il faut dès à présent prendre en compte de façon à ce que la société négocie correctement ce virage.
« Ce n’est pas quelque chose que je souhaite voir arriver mais c’est quelque chose dont je pense qu’elle surviendra probablement. Et si mon évaluation est correcte, alors nous devons penser à ce que nous allons faire à ce sujet ».
« La production de biens et de services sera très élevée. Avec l’automatisation, il y aura une abondance. Presque tout sera très bon marché. Je pense que nous allons finir par faire un revenu de base. Ça va être nécessaire », a-t-il insisté.
« Le défi beaucoup plus complexe est de savoir comment les gens vont donner un sens à leur vie. Beaucoup de personnes se réalisent à travers leur emploi. Si vous n’avez pas besoin de votre travail, quel sens donnez-vous à votre existence ? Vous sentez-vous inutile ?  ».

Bill Gates, fondateur de Microsoft
Farfelue, l’idée de taxer les robots lorsque ceux-ci remplacent les humains au travail, comme le suggère Benoît Hamon ? Pas aux yeux de Bill Gates. Il trouve sensée la mise en place d’une sorte de prélèvement sur la valeur produite par les machines lorsque celles-ci sont employées à des fins économiques.
« À l’heure actuelle, si un travailleur humain produit, disons, une richesse de 50 000 dollars dans une usine, ce revenu est taxé. Si une machine vient et fait la même chose, on pourrait penser que nous imposerions le robot à un niveau similaire ».
Les gens désirent « profiter de la libération de la main-d’œuvre pour pouvoir faire un meilleur travail en direction des personnes âgées, avoir des classes d’élèves moins nombreuses, aider les enfants ayant des besoins particuliers ».
« Toutes ces choses comme l’empathie et la compréhension sont toujours inimitables et nous devons par ailleurs composer avec une pénurie immense de gens pour aider les autres ».
« Mais vous ne pouvez pas simplement renoncer à cet impôt, parce que cela fait partie de la façon dont vous avez financé ce niveau de travailleurs humains. Une partie peut provenir des profits qui sont générés par les gains d’économie de main-d’œuvre. Une partie peut venir directement d’un certain type de taxe pour les robots ».
Quant à savoir si les entreprises de robotique protesteront à l’idée d’une taxe : « Je ne pense pas que les compagnies de robotique vont être scandalisées à l’idée d’une taxe ».

Chris Hughes, cofondateur de Facebook
Depuis quelques années, le revenu universel est devenu un sujet de discussion régulier au sein de la Silicon Valley. « Nous avons besoin d'idées neuves et créatives comme le revenu universel pour combler notre fossé politique et rétablir notre confiance collective dans le rêve américain », plaidait Chris Hughes en mai 2016.

Economic Security Project
« Le revenu universel a le potentiel de nous redonner la liberté de choisir notre travail et notre vie », ajoutent les membres de l'Economic Security Project, un groupe de réflexion qui a pour but d'« explorer et expérimenter avec le versement d'argent sans conditions », en finançant des études, des campagnes gouvernementales ou des projets culturels autour du revenu universel. Parmi la centaine de participants à cette initiative, des PDG ou cofondateur de start-up, des business angels ou des professeurs d'université.

Y Combinator (incubateur de start-up)
Peu d'expériences concrètes ont été menées jusqu'alors. Le Y Combinator incubateur où sont nés Airbnb, Reddit ou Dropbox, a annoncé l'année dernière vouloir organiser une étude sur le revenu universel auprès d'une centaine d'habitants d'Oakland (Californie). L'idée est de leur verser une somme d'argent régulière, entre 1000 et 2000 dollars par mois, et d'observer les changements dans leur quotidien. « Si la technologie entraîne des suppressions d'emplois, de plus en plus de personnes ne gagneront plus assez leur vie grâce à un travail. Le revenu universel est une option possible pour les aider à vivre », estimait Elizabeth Rhodes. « Nous ne sommes pas sûrs de son fonctionnement, ou même de s'il s'agit d'une bonne solution, et c'est pour cela que nous conduisons cette étude. »
L'initiative du Y Combinator a été accueillie avec enthousiasme par ses pairs dans la Silicon Valley, mais avec plus de scepticisme du côté des associations d'aide aux plus démunis à Oakland. « Ils devraient financer ce genre d'initiatives, mais pas les piloter, il faut laisser le contrôle aux associations qui connaissent la réalité du terrain. »

Marshall Brain
Dans Manna, un roman de science-fiction publié en ligne en 2003, l'entrepreneur imaginait une société fondée par un PDG visionnaire, qui finance un revenu régulier à ses habitants, une sorte d'investissement dans la créativité et les projets de chacun. À la manière d'une start-up recevant une levée de fonds.
http://marshallbrain.com/manna1.htm





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